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Date de mise en ligne: 03/06/08
- Soumis au Comité de Lecture
La digiscopie est de plus
en plus utilisée pour photographier les oiseaux, mais il y a un point sur
lequel les réflex numériques sont plus performants: leur rapidité;
la mise au point est en effet quasi-instantanée, et il est alors possible
de prendre en photo un oiseau en mouvement, et notamment en vol.
Le "défi photographique" de Luc Demalorthy était justement
de réussir des photos d'oiseaux en vol. Il s'est ainsi équipé
d'un Canon EOS 40D et d'un Canon EF Téléobjectif Zoom 70/300 mm,
un ensemble qui concilie non seulement grande réactivité, mais aussi
longueur focale suffisante et largeur de champ importante. Après un chapitre
donnant des conseils généraux sur la prise de photos d'oiseaux en
vol, nous publions des conseils de Luc basés sur son expérience,
illustrés par des photos de l'une des espèces les plus difficiles
à photographier en vol, la Bécassine des marais.
Patricia David et son mari, qui utilisent un Canon 30D, nous font aussi part de
leur expérience.
Nous remercions
aussi Paul Drouiche et André Boussard pour nous avoir aidé à
compléter l'illustration de cet article.
Abstract
Digiscoping is more and more
used to photograph birds, but Single-Lens-Reflex (SLR) cameras have several advantages
to photograph birds: they are more stable when the weather is windy, they allow
a control of Depth-of-field, and autofocus is very useful to take photos when
the bird is in motion, and in particular when it flies.
Luc Demalorthy is fascinated
by the flight of birds, and so he bought a Canon EOS 40D and a Canon EF Tele Zoom
70/300 mm. After a chapter dealing with general tips and DSLR camera settings
for taking good photographs of flying birds., Luc presents us his personnal
experience with its equipment and five photos of one of the most difficult bird
to photograph in flight: the Common Snipe.
Patricia david and her husband present their experience with a Canon 30D.
Photographier les oiseaux en vol: conseils généraux
Les appareils-photos reflex sont les plus adaptés
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Seul un appareil-photo
réflex permet de photographier "facilement" un oiseau en vol,
comme cette femelle de Faucon crécerellette (Falco naumanni) femelle
Photo: André Boussard
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Les
appareil-photos reflex ont plusieurs avantages par rapport aux ensembles de digiscopie
(appareil-photo compact + longue-vue) pour prendre des photos d'oiseaux en mouvement.
Le plus important d'entre eux est la rapidité de mise au point ou autofocus
(AF).
Le mode rafale, qui permet de prendre plusieurs images par seconde, est aussi
très utile.
L'enregistrement des images sur la carte mémoire est instantané,
ce qui contribue également à la réactivité du photographe.
L'appareil-photo reflex est moins sensible aux tremblements (causés par
le vent par exemple) qu'un ensemble appareil-photo compact + longue-vue.
L'appareil-photo reflex est aussi moins dépendant des conditions de lumière
que les ensembles de digiscopie: en effet, étant équipé d'un
objectif de grande focale, il a une lentille d'entrée de grand diamètre,
et le problème du manque de lumière se pose moins.
Enfin, le piqué d'une
photo reflex réalisée avec un bon objectif est généralement
supérieur à celui obtenu en digiscopie grâce à une
taille du capteur numérique supérieure à celle d'un appareil-photo
compact. Les images réalisées avec ce dernier sont plus sensibles
au "bruit numérique", même à la sensibilité
ISO minimum.
Rappel: la distance focale
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L'importance
de la distance focale:
- A) une longue distance focale permet un fort grossissement, mais un faible champ
de vision
- B) une faible distance focale ne permet pas un fort grossissement, mais le champ
de vision est plus large
Photo: Ornithomedia.com d'après http://photo.stereo.free.fr/ |
L'objectif
d'un appareil-photo est le système optique situé à l'avant
de celui-ci. Il est composé de lentilles qui forment une image sur la surface
sensible (un capteur pour les appareils-photos numériques).
La caractéristique fondamentale d'un objectif est sa distance focale, qui
détermine le grossissement et le champ de vision observé au travers
de l'objectif. Cette focale représente la distance en millimètres
séparant le capteur du centre optique de l'objectif lorsque la mise au
point est faite à l'infini. Plus elle est courte (et donc plus les lentilles
sont proches du plan sur lequel se forme l'image), plus le champ de vision est
large. Inversement, plus la focale est longue, plus le champ de vision est restreint.
Un zoom est un objectif possédant une focale variable.
Deux catégories de photos d'oiseaux en vol
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Cette photo
de Sternes caugek (Sterna sandvicensis) est réalisée avec
une vitesse d'obturation élevée, ce qui "fige" les oiseaux
Photo: André Boussard
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Il y a globalement deux
façons de photographier des oiseaux en mouvement: on peut prendre un cliché
"figé", la mise au point se faisant sur chaque partie du sujet.
Ou bien l'on peut montrer le mouvement en introduisant un effet de flou.
Dans le premier cas, il faut régler l'appareil à une vitesse suffisante
pour en faire une "capture" instantanée, comme s'il était
"gelé". Il vous faut donc une vitesse d'obturation plus importante
que la vitesse de l'oiseau ou de ses ailes qui battent (si l'on veut qu'elles
soient nettes). Malheureusement, il n'existe pas de réglages "universels"
pour ce type de clichés. Il est toutefois conseillé de débuter
à une vitesse de 1/500ème de seconde. Une vitesse suffisante permet
aussi de se déplacer avec l'appareil afin de suivre le trajet de l'oiseau.
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Cette photo
de Cygne tuberculé (Cygnus olor) a été prise avec
une vitesse d'obturation faible, ce qui permet de montrer le mouvement
Photo: Paul Drouiche
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Pour réaliser ce
type de clichés, il faut donc choisir un modèle d'appareil-photo
qui propose une vitesse d'obturation suffisante (1/500ème de seconde au
moins), même s'il n'a pas de système de stabilisation de l'image.
Dans le deuxième type de photos, réglez votre appareil-photo reflex
à une vitesse d'obturation inférieure (1/40ème de seconde
par exemple) à celle de l'oiseau: cela permet de "montrer" le
mouvement.
Quelques conseils classiques de réglage
Pour photographier un oiseau en vol, préférez le mode manuel si
votre appareil le propose. En effet, des réglages manuels minimisent les
variations d'exposition quand les conditions de lumière varient.
Les programmes avec
les modes d'auto-exposition donnent des résultats trop variables, à
moins que votre appareil ne soit équipé d'un système de blocage
de l'exposition après chaque photo. Sinon, utilisez l'obturation avec priorité
à la vitesse avec une vitesse minimum de 1/500ème de seconde (ou
moins, selon l'effet recherché).
En fonction de l'espèce et des couleurs de l'oiseau, les réglages
typiques sont une vitesse comprise entre 1/500ème et 1/1300ème de
seconde et une ouverture comprise entre f4.0 et f7.1. Pour des tons très
clairs (comme les plumages des aigrettes), choisissez une vitesse élevée
(1/800ème) et une ouverture minimum de f6.3 pour provoquer une légère
sous-exposition.
Pour des oiseaux plus sombres comme les cormorans, réglez l'ouverture jusqu'à
f4.0 pour atténuer la sous-exposition.
Pour la mise au point, choisissez plutôt le mode spot (ou mise au point
sur une seule zone): elle est plus rapide que la mise au point sur des points
multiples.
La meilleure condition pour photographier des oiseaux en vol est lorsqu'il y a
beaucoup de lumière: utilisez alors l'ISO la plus faible possible pour
diminuer le bruit numérique. Vous pouvez aussi utiliser la balance des
blancs pour optimiser le rendu des couleurs.
Suivre l'oiseau en vol
Suivez l'oiseau en vol avec vos yeux plutôt qu'au travers de l'écran
LCD, car cela gêne la synchronisation avec le mouvement.
Pour les reflex à zooms faibles (3x), le suivi en vol sera limité
aux distances courtes, par exemple quand des oiseaux décollent et atterrissent
d'un petit étang. Dans une zone encaissée, faîtes une mise
au point préalable sur un site favori d'atterrissage par exemple (cas d'un
rapace). Mais pour suivre un oiseau en vol sur de longues distances, un zoom plus
puissant sera nécessaire.
Un bon sujet d'entraînement: les goélands et mouettes
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Les Goélands
argentés (Larus argentatus) constituent de bons sujets pour apprendre
à photographier les oiseaux en vol
Photo: Paul Drouiche
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Il faut avant tout de la
pratique pour bien photographier les oiseaux en vol, et certains lieux sont intéressants
pour s'entraîner, comme un dortoir de goélands ou de mouettes sur
un petit lac: ces oiseaux ne sont pas trop petits, ils ne volent pas trop vite,
et ils ont des trajectoires de vol assez prévisibles.
En outre, les variations de coloration des goélands et des mouettes suivant
l'exposition constituent un excellent exercice pour apprendre à maîtriser
les réglages d'exposition.
Débutez avec un zoom à faible grossissement (de 3x à 5x)
et effectuez un balayage de la zone, en suivant les oiseaux. Ne pressez pas votre
bouton d'obturation. Une fois que vous êtes à l'aise avec le zoom
à faible grossissement, augmentez celui-ci jusqu'à un niveau où
les oiseaux deviennent difficiles à suivre: en général, cela
correspond à la moitié de la capacité de votre zoom. Cela
vous donnera les limites pour garder le sujet dans votre champ de vision. Les
oiseaux plus grands que les goélands, comme les rapaces ou les grues, sont
plus lents et donc plus faciles à suivre en vol.
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Les grands
oiseaux comme les Grues cendrées (Grus grus) sont plus "faciles"
à photographier en vol que les plus petits
Photo: PAndré Boussard
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Une fois que vous maîtrisez
plus ou moins la technique de suivi du sujet, il vous faudra apprendre à
appuyer à moitié sur le bouton de l'obturateur pour "bloquer"
la mise au point en même temps que vous "traquez" l'oiseau.
La prochaine étape consiste à appuyer sur le bouton de l'obturateur
pour faire la photo; il faut noter que le succès de la mise au point et
de la capture photo dépendent non seulement de votre maîtrise, mais
aussi du temps d'obturation (shutter lag") (= durée nécessaire
pour que l'image soit prise après avoir appuyé sur le bouton d'obturation).
Et pratiquez, pratiquez, pratiquez, sans vous découragez!
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