Palombe d'un doute ...
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Le
Pigeon ramier (Columba palumbus) est facile à reconnaître en vol, le Ramier, avec
ses deux barres alaires (= sur les ailes) blanches.
Source : Renan Levaillant / La
Plume. |
N'est-ce point malheureux
de constater que même les oiseaux réputés "communs" sont à l'origine de confusions
édifiantes d'énormité de la part de mes concitoyens ?
Les genres pigeon et tourterelle en sont de bien tristes exemples. Qui est au
courant que nos contrées abritent plusieurs espèces bien distinctes de pigeons
et tourterelles, que la rigueur nous impose de désigner par columbidés ? Puisque
le subtil calembour qui fait office de titre au présent article m'est venu un
récent matin que je me brossais les dents (car outre les flatulences, l'inspiration
est chez moi fort active le matin), il faut bien que j'en tire parti en vous parlant
ici d'un columbidé qui mérite certes mieux que l'indifférence bovine (voire spongiforme)
du vulgum pecus : la palombe.
Article rédigé par Renan Levaillan, responsable du site La
Plume.
Le Pigeon ramier ou palombe
Palombe, vous avez dit palombe ?
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| Le
Pigeon ramier (Columba palumbus) posé se reconnaît à sa tache
blanche au cou et à sa grande taille. Source : Renan Levaillant / La
Plume. |
La palombe n'est autre que
le Pigeon ramier, mais dans sa version migratrice (car, a contrario, nombre de
ramiers ont la flemme de migrer) telle qu'on la nomme dans le sud-ouest de la
France.
Pourquoi cette appellation
spécifique ? Voyons voir : dans palombe, il y a plomb, et c'est en effet par de
drues projections dudit métal que les malheureux migrateurs sont accompagnés au
cours de leur voyage qui les conduit au delà des Pyrénées.
Dans palombe, il y a aussi aplomb, et il ne faut certes pas en manquer pour parler
de cette joyeuse activité de ball-trap en invoquant l'amour de la nature et des
traditions.Mais bon, laissons-là cette étymologie un tant soit peu militante et,
plutôt que de tenter de suivre les palombes migratrices en ULM, au risque de se
faire dézinguer par un amoureux de la nature et des traditions mais aussi du pastis
au petit déjeuner, contentons-nous d'observer le Ramier près de chez nous.
Une espèce qui s'hybride peu
A l'instar du bon sens du Crédit
Agricole, il y a toujours un Ramier près de chez nous, même au coeur de nos villes.
Ceci dit, alors que son cousin le Pigeon biset a depuis longtemps franchi le pas
en fautant avec des individus de basse-cour et en s'abaissant à fréquenter les
zones les plus fangeuses des cités, le Ramier garde sa dignité : peu d'hybridation
avec les pigeons domestiques, et une propension à rester à proximité d'un espace
vert, même modeste. Mais cette saine réticence à l'encontre de la vie 100% citadine
durera-t-elle encore longtemps ? Le Pigeon ramier se multiplie en effet en nos
villes et peut-être se laissera-t-il aller un jour aller à la facilité, tout comme
son cousin, pour devenir dans certains cas un véritable clochard à plumes...
Le Ramier est coutumier des habitats forestiers et campagnards. Tiens, à l'occasion,
vous pouvez l'intégrer au concours de "compte-oiseaux"
que j'ai eu l'occasion de suggérer aux parents qui ne savent pas comment occuper
leurs enfants en voiture.